A- Les Rencontres de Shanghai : pour faire quoi ? avec qui ?
Les Rencontres « ville et architecture à l’horizon 2010 » qui se sont tenues à Shanghai, du 5 au 7 mai à l’Université Tongji, ont été imaginées depuis plusieurs années et évoquées lors des différentes sessions du comité de pilotage du Programme présidentiel. Pour mémoire, ce comité est composé des représentants des ministères des Affaires étrangères, de l’Equipement, de l’Education nationale et de la Recherche, de la Direction de l’architecture et du patrimoine au ministère de la Culture et de la Communication, du Conseil national de l’Ordre des architectes, de l’Afex et de l’Observatoire de la Chine contemporaine à la Cité de l’architecture et du patrimoine.
Les Rencontres s’inscrivent dans la logique de construction d’un réseau relationnel de qualité, logique qui sous-tend le Programme présidentiel annoncé en 1997 et lancé en 1998. Celui-ci est en effet destiné à faciliter les échanges entre professionnels français et chinois des milieux de l’architecture, de l’urbanisme, du patrimoine, du paysage, grâce à l’accueil et à la formation en France de jeunes professionnels chinois âgés d’une trentaine d’années.
Dans la lignée de ce programme ambitieux, les Rencontres de Shanghai ont été organisées avec la même volonté d’ouverture : permettre aux anciennes promotions du programme de se retrouver pendant trois jours d’échanges dans un même lieu, avoir une vision générale des évolutions professionnelles des anciens boursiers du gouvernement, permettre à leurs anciens tuteurs en France de les rencontrer et ouvrir plus largement la réflexion et l’échange aux professionnels intéressés, en France comme en Chine, ainsi qu’aux professionnels réputés en Europe travaillant sur des projets à grande échelle.
Pour répondre à une demande du Consulat de Canton d’ouvrir le champ des échanges sur l’architecture et de la ville à d’autres villes que Shanghai et Pékin, nous avions dans un premier temps souhaité organiser cette manifestation à Canton (cf rapport de mission préparatoire à Canton en décembre 2003). En septembre 2004, face aux difficultés rencontrées pour bénéficier d’un lieu d’accueil correspondant aux différentes capacités de salles souhaitées, l’Ambassade de France à Pékin a appuyé le choix de Shanghai et de l’Université Tongji. Cette décision a été officiellement confirmée et très fortement soutenue par le doyen de l’Université Tongji à l’automne 2004.
Les parties organisatrices étaient pour la partie française : l’Ambassade de France à Pékin, la Cité de l’architecture et du patrimoine, avec la participation active et bénévole de Frédéric Edelmann. Pour la partie chinoise : l’Université Tongji et l’Ecole d’architecture et d’urbanisme.
Le comité de pilotage chinois du Programme présidentiel, composé de sept personnalités du milieu de l’architecture et de l’urbanisme ainsi qu’un représentant du Ministère des sciences et technologie (MOST) a soutenu ces choix.
La période du jeudi 5 au samedi 7 mai choisie pendant la semaine de congés du 1er mai permettait aux professionnels chinois de se rendre plus facilement disponibles trois jours ; en France, cette période correspondait à la fin des vacances scolaires des académies de Paris, Bordeaux, Créteil, Versailles et au pont de l’Ascension.
Cette période avait le double avantage de permettre un premier état des liens déjà construits avant d’établir une nouvelle programmation budgétaire dans le champ de l’architecture, du patrimoine et de la ville, pour l’Ambassade de France en Chine et de s’inscrire dans le cadre de l’année de la France en Chine qui s’achève avec l’été 2005.
Enfin, le lieu choisi était emblématique : le nouveau bâtiment de l’Ecole d’architecture et d’urbanisme de Tongji, conçu par un ancien architecte du Programme présidentiel, ZHANG Bin (promotion 1999-2000), servait de cadre aux ateliers et aux expositions des Rencontres.
B - Les Rencontres de Shanghai : c’était quoi ?
Voilà en annonce de Catch, journal de huit pages bilingue réalisé du 5 au 7 mai ce que résume très justement les étudiants en journalisme de Strasbourg associés aux Rencontres, dans le cadre de leur atelier annuel à Shanghai :
Rencontre unique pour un programme unique : plus de 500 universitaires et professionnels de l'architecture et de l'urbanisme se sont donnés rendez-vous à Shanghai pour réaffirmer la collaboration privilégiée entamée en 1998 entre la France et la Chine. Parmi les participants de ces Rencontres "Ville et architecture à l'horizon 2010", les 150 architectes et urbanistes chinois qui ont passé entre 3 et 12 mois en France dans le cadre du Programme présidentiel. En huit ans, les deux pays sont parvenus à mettre en place un réseau de collaboration et d’échange de compétences qui devrait se poursuivre bien au delà de la fin du programme, fixée à septembre 2005. Du 5 au 7 mai, l’Université Tongji a accueilli les grands noms de l’architecture mondiale et les jeunes espoirs français et chinois pour réfléchir autour des questions du développement durable, de la gestion du patrimoine ou encore de l’exploitation des nouvelles technologies. Les débats et ateliers ont permis de dresser un premier bilan de cette coopération autour des principales problématiques auxquelles devront se confronter les urbanistes d’ici 2010. »
Supplément à CATCH, journal réalisé à l’occasion des Rencontres par le Centre Universitaire d’enseignement du journalisme de Strasbourg (CUEJ)/ Université Tongji Institut d’arts et média / Ecole d’architecture et d’urbanisme – mai 2005, n°1
I) Les voyages d’étude
"Auparavant, une centaine de membres de la délégation française avaient sillonné le pays afin de prendre la mesure de la mutation qu'est en train de vivre l'Empire du Milieu. Pour ceux qui la découvraient, la Chine fut un choc. [...]Cettevitesse répond d'abord à une urgence : loger l'afflux massif vers les villes de populations rurales attirées par le développement économique spectaculaire initié sous Deng Xiaoping. En vingt ans, un effort ambitieux de construction a permis de porter de 18% à plus de 40% la population urbaine chinoise, quand la France a mis plus de soixante ans (1936-1999) pour doubler le nombre de ses citadins. Cette célérité ne laisse pas d'étonner les Chinois eux-mêmes." Cyrille Poy, Archiscopie, juin 2005
Pour permettre aux participants français de voir plusieurs villes en Chine et rendre fructueux les discussions et les débats des Rencontres de Shanghai, deux voyages d’études distincts ont été organisés en Chine par la Cité de l’architecture et du patrimoine, avec le soutien de la Maison de l’architecture et le Conseil régional des architectes d’Ile de France, en liaison avec l’agence de voyages Maison de la Chine :
- du 24 avril au 5 mai : Paris, Pékin, Chongqing, Dazu, Canton, Zhuhai, Shenzhen, Shanghai
- du 29 avril au 5 mai : Paris, Pékin, Tianjin et Teda, Shanghai
Dans chacune des villes, les anciens boursiers du Programme présidentiel ont été nos interlocuteurs pour les visites professionnelles organisées avec les services de l’urbanisme, des agences ou des instituts de projets, des écoles.
Ces deux voyages ont rencontré un grand succès : 20 participants pour le voyage long et 68 pour le voyage court, encadrés respectivement par Frédéric Edelmann et Françoise Ged pour le premier et par Francis Rambert, Emilie Rousseau, Birgit Brunstermann et ZHOU Yan pour le second.
Ils ont permis d’avoir un aperçu des conditions du développement urbain et de ses acteurs, par le projet, la présentation des schémas directeurs d’aménagement et d’urbanisme, les projets réalisés.
II) La participation aux trois jours des Rencontres de Shanghai
La participation s’est révélée exceptionnelle, tant par le nombre que par la qualité des interlocuteurs : plus de 200 participants sont venus de France pour cette occasion ‑ estimation 120 à 140 personnes lors du montage de l’opération ‑ et un public chinois de 300 personnes environ.
Les anciens boursiers du Programme présidentiel se sont fortement mobilisés : alors qu’ils n’étaient qu’une trentaine inscrits à la mi-mars, près d’une centaine sont venus participer aux Rencontres.
Les huit représentants du Comité de pilotage chinois étaient également présents pendant toute la durée des Rencontres.
La représentation officielle côté chinois s’est située à haut niveau :
Ministère de l’éducation, vice-ministre
UNESCO, secrétaire général adjoint
Ministère de la construction (MoC), direction de l’urbanisme
Ministère des sciences et technologies (Most), direction de la coopération internationale
Vice-maire de Shanghai
Et pour la partie française :
Ambassade de France à Pékin, consulat général à Shanghai et Canton :
Shanghai : Jean-Marin-Schuh, consul général, Marc Lamy attaché de coopération universitaire, Maud M’Bondjo chargée de mission année de la France en Chine
Pékin : Service de coopération et d’action culturelle, Frédéric Béraha et Rémi Lambert, Vassilia Pirierros pour le suivi du chantier de l’Ambassade
Canton : Raymond Rocher attaché culturel
Ministère de la Culture et de la Communication
Jean-Marc Zuretti, conseiller du Ministre pour l’architecture
Alain Marinos, représentant Michel Clément, DAPA, directeur
Ministère de l’Equipement
Nicole Klein, DGUHC, directrice adjointe
Hervé Dupont, SGGOU, secrétaire général
Les institutions chinoises et françaises, représentées par le président ou un directeur
Services urbains de Shanghai et de plusieurs arrondissements et districts, Association des urbanistes de Chongqing, Association des architectes de Shanghai
Cité de l’architecture et du patrimoine, Institut français d’architecture, Conseil national de l’Ordre des architectes (CNOA), Conseil régional de l’ordre de des architectes d’Ile de France (CROAIF), Pavillon de l’Arsenal
Les représentants des collectivités locales chinoises et françaises :
Bureau de l’urbanisme de Shanghai, Bureau de l’urbanisme de Canton, Commission de l’urbanisme de Pékin,
Direction de la construction des provinces du Heilongjiang, du Henan et de nombreux services des grandes villes telles que Tianjin, Tangshan, Foshan, Hangzhou, Kunming, Ningbo, Wuhan, Shenyang, Wenzhou, Xiamen, Jiangyang, Quzhou, Xinyang…
Direction de l’urbanisme de Paris, de Lyon avec le président de la Communauté urbaine de Lyon, service de l’urbanisme de Brest, représentants des établissements publics d’aménagement à Marseille (Euroméditerranée), Marne la Vallée, Melun-Sénart, Nantes (Samoa), Paris (Semapa), Le Havre, Toulouse….
Les écoles
Ecoles d’architecture et d’urbanisme de Pékin, Shanghai, Canton, Chongqing, Xi’an, Wuhan, Nankin, Harbin, Shenyang, Xiamen, de la province du Zhejiang
Ecole des arts et de la communication de l’Université Tongji
Ecoles d’architecture de Paris-Malaquais (présidente du conseil d’administration et enseignants), Versailles (directeur et enseignants), Nantes (directeur et enseignants), Grenoble (directeur), Paris Belleville, Lille , Montpellier, Nancy, INSA de Strasbourg ; Sciences-Po (cycle d’urbanisme) ; école nationale de physique chimie de Paris.
Centre universitaire d’enseignement du journalisme de Strasbourg (CUEJ).
Les sponsors
Rocamat, Véolia et Shanghai Chengtou.
Les critiques d’architectures, modérateurs et présidents des ateliers
François Chaslin (France-Culture)
Emmanuel Caille (d’Architecture)
Sebastian Redecke (Bauwelt)
Cyrille Poy (l’Humanité)
François Chaslin a consacré une série d’émissions radio aux Rencontres de Shanghai : Métropolitains du 8, du 15 et du 29 juin, et du 13 juillet.
Sebastian Redecke a consacré un dossier à l’architecture contemporaine chinoise et un article (n°21 du 27 mai) aux Rencontres dans la revue allemande Bauwelt.
Cyrille Poy a fait un compte-rendu dans le numéro de juin d’Archiscopie des Rencontres et voyage d’étude.
Michèle Leloup, de l’Express, a consacré un dossier de 5 pages à Shanghai, dans le supplément au n°2815 du 13 au 19 juin.
Le voyage de presse Années croisées
Un voyage de presse a été organisé par Publicis à la demande des Années croisées pour les trois manifestations : Visions Françaises, Cosmopolis et les Rencontres de Shanghai.
A ce jour, un article de Marie-Douce Albert est paru dans Le Figaro, daté du 24 mai, ainsi qu’un article de Stéphanie Bui dans Crash, n°94.
Le Centre universitaire d’enseignement du journalisme (CUEJ) dans la lignée du premier atelier mené à Tongji en mai 2004, a édité avec son partenaire chinois un journal bilingue de huit pages. Les Rencontres de Shanghai ont ainsi servi de support à Catch, paru le dernier jour, avec un résumé des ateliers et des points de vue de quelques uns des anciens du Programme présidentiel. Plusieurs documentaires ont été réalisés, certains diffusés sur Arte, ensuite ainsi qu’un journal couleur de 32 pages.
La presse chinoise s’est largement fait l’écho des Rencontres de Shanghai, avec une douzaine d’articles parus.
En résumé, la participation aux Rencontres de Shanghai, tant du côté chinois que français, révèle une large palette d’interlocuteurs qui dépasse largement le rassemblement d’initiés.
Du côté français, l’implication des villes, des écoles, des professionnels et des représentants au plus haut niveau des institutions est à souligner, d’autant plus qu’elle n’est pas si commune en France même.
Cette ouverture permettait d’avoir des débats sur des thèmes d’intérêt général, en Chine comme en Europe dans un climat général de confiance mutuelle qui est à souligner. La demande de poursuivre ce type de rencontres a été formulée à plusieurs reprises, tant du côté chinois que français ; pour ces derniers, l’apport préliminaires des voyages d’études a été souligné.
III) Le programme des trois journées
Les Rencontres de Shanghai « ville et architecture à l’horizon 2010 » comportaient plusieurs volets organisés de manière dense, consacrés à la ville, au patrimoine et à la qualité architecturale. Ces champs ont été abordés lors des plénières par la présentation des réalisations à grande échelle des architectes et dans les ateliers, sur des cas plus spécifiques, sous la présidence de modérateurs chinois et français, avec l’ouverture aux questions à l’ensemble des participants.
A) 11 conférences plénières : Paul Andreu, Massimiliano Fuksas, ZHENG Shiling, Dominique Perrault, MA Qingyun, Jean Nouvel, Marc Mimram,Mia Hägg (agence Herzog et De Meuron), Yung Ho CHANG, ZHANG Bin, Christian de Portzamparc
B) six ateliers en simultané, organisés sur deux demi-journées et portant sur des thématiques liées aux questions actuelles du fait urbain en Chine : développement durable et qualité de vie / modèles d’urbanisme et formes urbaines / dimensions de l’architecture et formes urbaines / patrimoine, gestion urbaine et architecture contemporaine / nouvelles technologies et création architecturale / grands événements et développement urbain
C) cinq circuits de visites liées aux thèmes des ateliers dans Shanghai et aux alentours : Espaces des bords de l’eau / habitat et architecture de Pudong et Puxi / habitat et architecture de l’ancienne Concession française / Zhujiajiao ville de canaux / Songjiang, ville nouvelle
D) les expositions des participants : architectes et urbanistes du programme présidentiel / écoles d’architecture françaises / écoles d’architecture chinoises / agences d’architecture, d’ingénierie, d’urbanisme en France / Instituts de conception de projets chinois / agences privées chinoises / services d’urbanisme des villes en France et en Chine
E) un club des Rencontres : la cafétéria en accès libre pour que les participants poursuivent leurs échanges personnels
Le Consul général à Shanghai a remis l’insigne de chevalier de l’ordre des Arts et Lettres de la République Française, en présence de Jean-Marc Zuretti, à trois personnalités chinoises, MM. WANG Jinghui, RUAN Yisan et ZHOU Jian, en l’honneur de leurs travaux sur la mise en valeur du patrimoine chinois et la synergie mise en place dans les échanges avec la France sur ces sujets.
Les organisateurs français avaient souhaité une synergie avec l’exposition « visions françaises » programmée dans le cadre de l’année de la France en Chine, qui s’est ouverte au Musée de l’Urbanisme de Shanghai le 30 avril.
En résumé, la demande faite par notre partenaire chinois d’organiser des ateliers avec débats et de les placer au cœur du programme (en journée) en reléguant les plénières en soirée (à l’inverse des habitudes chinoises) a été très apprécié, de même que les visites thématiques qui apportaient une respiration dans un programme particulièrement dense.
Il est certain que la pratique des débats contradictoires est loin d’être une habitude en Chine et la partie discussions n’a pas toujours répondu aux attentes de la partie française. Par ailleurs, comme les intervenants français étaient particulièrement nombreux, les organisateurs chinois ont restreint le nombre d’interventions sur les villes chinoises pour laisser une place plus importante aux présentations françaises.
IV) Les expositions, publications, films des Rencontres de Shanghai
Les intervenants français et chinois, les structures d’accueil des boursiers du Programme présidentiel avaient la possibilité d’exposer leurs travaux ou leur organisme sur un format prédéfini, dont le tirage en poster a été effectué à Tongji et mis en scène par deux étudiants français en architecture, en stage professionnel à Tongji.
L’exposition bilingue (français et chinois) présentée dans le nouveau bâtiment se répartissait entre la salle d’exposition du rez-de-chaussée et le long des amples circulations sur trois niveaux. Au total, 434 panneaux ont été exposés, réalisés par 212 exposants, 38 pour la partie française et 174 pour la partie chinoise. Soit, de manière détaillée :
- 97 exposants du Programme présidentiel ( sur 143 boursiers reçus ; non compris les 7 personnalités du Comité de pilotage chinois invitées en France) ;
- pour les agences et instituts de projets : 23 exposants français et 41 exposants chinois, soit 149 panneaux ;
- pour les écoles et universités : 10 établissements français et 19 chinois, avec un total de 42 panneaux ;
- pour les villes : 4 exposants français et 10 chinois, soit 73 panneaux.
- deux panneaux pour les sponsors français et chinois
Un site internet bilingue dédié aux Rencontres a été mis en place.
Il pourrait être judicieux de conserver ce support et de l’entretenir en l’alimentant des projets futurs qui pourraient se mettre en place.
L’ensemble des documents de communication ont été réalisés en français et en chinois, imprimés sur place à Shanghai.
Un numéro spécial de la revue Ideal space a été consacré aux Rencontres, avec une présentation rapide des anciens du Programme présidentiel, des institutions partenaires et des sponsors.
Des articles sont prévus pour les prochains numéros de la revue Time + architecture. L’ensemble des manifestations a été filmé et enregistré par Tongji.
Un film réalisé par Martin Tzou et Daniella Ciaffi à partir des témoignages de quelques uns des anciens du Programme a été présenté dans l’exposition. Un nouveau film est en préparation à partir d’interviews réalisées auprès de quelques uns des participants français, suisses, italien des Rencontres.
En résumé, la couverture médiatique des Rencontres de Shanghai est appréciable pour un événement qui n’est pas a priori grand public, comme peut l’être une exposition dans une institution de prestige.
La sensibilisation aux problématiques urbaines en Chine du milieu professionnel français et de la presse spécialisée est à souligner, et notamment l’intérêt du CUEJ, et donc des futurs journalistes sensibilisés aux questions chinoises mais aussi aux sujets liés à la ville, à l’architecture, au cadre de vie de manière plus générale.
C - Les Rencontres de Shanghai : Quel impact ?
Sensibilisation-diffusion : soirée-débat à Paris en juin
En partenariat avec la Maison de l’architecture et l’Ordre des architectes Ile-de-France, la soirée « Alors, Shanghai » organisée le 9 juin aux Récollets, en présence des représentants de l’Université Tongji, a réuni plus d’une centaine de participants, de Paris et de Province, professionnels et étudiants concernés par la Chine.
Après que les organisateurs ont rappelé les objectifs des Rencontres de Shanghai et rapporté au public le bilan très positif de la manifestation, les modérateurs des ateliers ont dressé un bref compte-rendu des travaux menés. La partie chinoise a souligné l’importance de l’événement en Chine, et l’implication des pouvoirs publics (ministères et municipalité de Shanghai) et l’originalité de ces échanges d’expériences que chacun souhaite poursuivre et approfondir.
Un film réalisé par Brice Bignami, étudiant de Paris Malaquais, a été présenté ainsi qu’un diaporama réalisé par Ségolène Dubernet et Jérémie Descamps, avec les images prises dans les villes traversées au cours des voyages.
Lien avec les Assises de Wuhan sur la coopération décentralisée, octobre 2005
Les Rencontres de Shanghai, manifestation plurielle ‑ voyages d’études, rencontres professionnelles, expositions, publications – permet d’ores et déjà de favoriser des coopérations futures entre collectivités locales. A ce titre, elles s’inscrivent en prélude aux Assises de Wuhan sur la coopération décentralisée franco-chinoise, organisées notamment par le Ministère des Affaires étrangères. En effet, plusieurs participants des Rencontres de Shanghai sont directement intéressés par ces Assises, qu’ils peuvent appréhender avec une première vision des villes et des problématiques chinoises.
En outre, elles ont été l’occasion d’écouter et de mieux connaître les attentes chinoises en matière de coopération sur la ville (cf. étude Ville de Paris/Rennes/Cité de l’architecture et du patrimoine de juin 2005). Les expositions comme les exposés des représentants des villes et des agences ont naturellement été une occasion de mettre en valeur le savoir-faire français, moins connu en Chine que les pratiques des grandes métropoles américaines ou asiatiques. En effet, nous l’avons entendu à plusieurs reprises, les pratiques des villes européennes, riches d’histoire et de culture, attentives à l’intérêt public (transports collectifs, espaces publics, patrimoine, etc.) retient tout particulièrement l’attention des urbanistes chinois aujourd’hui.
Impact économique, universitaire et académique
Les rencontres et les stages avec les professionnels français ont indéniablement permis aux agences et aux institutions de développer des projets en Chine (pour une vision détaillée, voir l’analyse des questionnaires envoyés aux anciens boursiers chinois et aux agences françaises dans l’étude Ville de Paris/Rennes/Cité de l’architecture et du patrimoine). La majorité d’entre eux étaient également présents aux Rencontres de Shanghai, occasion de nouer de nouveaux contacts comme de renforcer des liens existants.
L’accueil dans les écoles d’architecture, à l’Ecole des Ponts et Chaussées, à l’Ecole de Chaillot, dans les écoles doctorales, a également un impact dans le renouveau de l’enseignement en Chine. Là aussi l’influence dominante est anglo-saxonne et les retours d’expérience française sont très appréciés par les universitaires chinois.
En témoigne le développement des partenariats noués entre écoles d’architecture françaises et chinoises au cours des cinq dernières années : ateliers à Pékin pour Paris-Malaquais et Tsinghua (2e prix à la Biennale d’architecture à Pékin en 2004), ateliers à Shanghai pour Nantes et Versailles, convention entre Lyon et Canton, échanges entre Paris la Villette/Tsinghua/ la Corée et l’Italie, convention en cours entre Bordeaux et Wuhan, échanges menés par Nancy, formation professionnelle sur le patrimoine pour des décideurs chinois mise en place par l’Ecole de Chaillot et Tongji, etc. En témoigne également la demande croissante de stages professionnels en Chine par des étudiants français.
D – Propositions pour des suites au programme presidentiel
Au terme de sept années fructueuses, le Programme présidentiel a largement contribué à favoriser le développement de la coopération franco-chinoise dans les domaines de la ville, l’architecture, le patrimoine et plus largement le cadre de vie.
Les Rencontres ont clairement révélé une attente partagée, côté français et chinois, pour renforcer les pistes de coopération existantes.
Voici, à titre indicatif, des pistes qui ont été soulevées lors de ces journées, avec les uns ou les autres de nos correspondants, chinois et français :
Formation initiale et continue
- renforcement du soutien aux échanges des Ecoles d’architecture ; demande forte dans les questionnaires d’enquête mentionnés ci-dessus ;
- appui aux stages professionnels d’étudiants en Chine ou de jeunes diplômés (via un comité de sélection français par exemple, ce qui correspond désormais à une attente côté chinois ;
- formation de maires et de responsables d’urbanisme sur le patrimoine et la gestion urbaine ; en cours de montage à titre expérimental avec l’Ecole de Chaillot et Tongji pour 2005 ; à renforcer si besoin ;
Sur la ville, l’architecture
- coopération sur des projets urbains en Chine, avec des échanges concrets jusqu’à la mise en œuvre (cf coopération menée sur la ville de Tongli) ;
- projets communs architectes français/chinois sur des programmes expérimentaux (cf l’exemple du logement social avec des architectes anglais à Sénart) ;
Diffusion, valorisation, réseau
- expositions d’architectes chinois remarquables en France et conférences associées
- entretien du réseau des anciens du Programme présidentiel ; via le site des Rencontres par exemple ;
- organisation de rencontres régulières entre professionnels français et chinois dans des villes moyennes en Chine, avec l’appui du réseau, sur des sujets définis type séminaire ; périodicité à définir, annuelle ?
Appuis aux échanges
- bourses d’études pour des jeunes professionnels chinois en France, de préférence liés à des projets spécifiques (cf projets urbains) ;
- bourses en Chine pour des diplômés français ;
- appui aux déplacements internationaux
E – Annexes
liste des participants français
liste des participants chinois |